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Dans la ville siénarouge : une installation pinkvive
Depuis février, Joël Hubaut avait ouvert aux Abattoirs un dépôt d'objets roses destinés à alimenter le Psyclom-clom épidémik, son exposition au centre d'art contemporain qui est maintenant installée. En amont, le public était donc invité à participer au projet en venant déposer ou céder tous objets de couleur rose pour habiller et nourrir une architecture spécialement conçue pour la grande halle des Abattoirs.
Le Psyclom-clom se présente sous la forme d'une construction de 30 m de long sur 9 m de large avec une succession de plates-formes organisées sur plusieurs niveau. Cette structure comprend des espaces concrets interactifs qui recomposent les plateaux en cellules et alvéoles du type : cabine, factory, laboratoire, photomaton, jardin, boudoir, école, stand de tir, buvette, bibliothèque, espace de méditation, gymnase, échoppe, camping, chambre nuptiale, salon de coiffure, studio, autel, cimetière, mur du fond et des lamentations, parloir, forum, mini-musée du lapin, sex shop, etc. Soit la projection d'une déambulation labyrinthique
constituée de zones d'activités et de fonctions toutes dédiées au rose et à sa prolifération où le visiteur est invité à se perdre dans une sorte de croisière mentale. Un périple qui se pousuit dans les collections avec l'installation de salles roses, ainsi qu'à l'extérieur où un mini-golf sera installé dans les cours des Abattoirs.
Au delà de leur aspect ludique et joyeux, les actions monochromes de Joël Hubaut convoquent aussi une réflexion sur l'art, le politique et le social.
L'entreprise s'adresse en premier lieu à une population élargie et à un public souvent
extérieur au monde de l'art qui est ici convié à dynamiser le dispositif de l'œuvre pour en faire une sculpture vivante en mouvement que l'artiste nomme «installation vive».
Par là, il est aussi question de pointer le trouble occasionné par un monde uniforme soumis à la logique du point de vue unique. Où, comment se positionner contre l'ordre moral, sinon mondial (CLOM), qui
impose une vérité obtuse et propa l'idée d'exclusion et de ghetto propre aux idéologies inégristes et totalitaires (JH,1997).
Derrière le rose, et bien d'autres couleurs, n'y a-t-il pas en mémoire aussi, les codes colorés de certains systèmes fascistes, qui se sont appropriés les couleurs pour répertorier des groupes humains.
Tel un antidote, le
Psyclom-clom épidémik rose est conçu comme un dispositif mixte, exponentiel et interchangeable, un catalyseur de nouvelles «subjectivations». En fait, un prétexte à déployer d'autres perspectives d'inventivité collective : la machine est fusionnelle, elle produit des mises en circulation, des pratiques mutantes, transversales, existentielles.